Les préjugés du thé

Le thé, ça vous évoque quoi ?
Réponse en image :

"Ceci n'a rien de comparable avec du thé !"

Réponse en paroles :

  • « Ça vient du supermarché, c’est en sachet, vert à la menthe ou noir à la bergamote »
  • « Ça n’a pas beaucoup goût »
  • « Je préfère le café »
  • « C’est réservé aux femmes ! »

Résultat : J’ai mal aux oreilles !
Ecoutez-moi attentivement : Ceci n’a rien de comparable avec du thé !
Ceux d’entre vous qui partagent cette description caricaturale du thé sont sous l’influence de préjugés négatifs, adoptés sans réserve en l’absence d’informations suffisantes ou vérifiées. Soyez vigilants avec l’alimentation déversée par les industriels de l’agro-alimentaire plutôt que de vous soucier du programme télé de votre soirée. Par paresse intellectuelle ou par conformisme social, les préjugés erronés imprègnent fermement l’imaginaire et participent à la dégradation de l’image du thé. Un seul remède pour les combattre: Fournir un effort d’information.

À défaut d’anéantir les préjugés tenaces qui conditionnent la perception inexacte mais non moins répandue du thé, Culot-thé souhaite contribuer à les rectifier. Contribution modeste, sans prétention, réduite à la portée de cet article dans l’évolution des appréciations, dans le respect de ses modalités, ou si vous préférez sans craindre les critiques ! L’engagement de Culot-Thé est sérieux sur le fond mais pas sur la forme. 😉

Voici les 4 préjugés associés au thé et  à sa consommation parmi les plus redondants.

1. Le thé ça n’a pas beaucoup de goût !

Si vous faites référence au sachet de thé qui trempe là-haut, je vous l’accorde sans objection. L’explication se trouve dans les méthodes de production adoptées par nombre d’acteurs de l’industrie agro-alimentaire. Le traitement « CTC » (Crushing, Tearing, Curling) de la matière première détruit la majeure de ses qualités gustatives. Le thé en sachet contient des résidus de feuilles de thé réduites en poussière. Ouvrez-en un et constater le par vous-même. Pas très ragoûtant !

Comment identifier un thé de qualité supérieure ?
Un thé de qualité se présente en feuille entière (exception faite des thés japonais). Autre indice : Interrogez également le détaillant et assurez-vous qu’il soit capable de définir la provenance exacte de ses feuilles de thé : Le pays, la région, la montagne, le cultivar (variété de plante), la date de récolte, etc.
Rappelons que le thé est issu de plantes se développant dans des environnements aux conditions spécifiques à sa région d’enracinement. Particularités organiques du sol et du climat, savoir-faire du producteur sont facteurs participant à la diversité des saveurs développées par le thé à l’infusion. Ce thé développera dans la tasse des arômes riches et subtils, incomparables avec de l’eau calcaire portée à ébullition.

Encore faut-il avoir déjà goûté du véritable thé et non à un substitut pour être en mesure d’en juger par soi-même. Faites l’expérience, laissez sa chance au produit !
Clin d’œil à maman : « Ne dit pas que tu n’aimes pas ça, tant que tu n’y as pas gouté ! »
Et pour ceux que j’aurai perdus en route, le plus simple est encore de faire un parallèle avec le vin : Pourriez-affirmer que vous aimez le vin, si vous n’aviez goûté que le vin « la villageoise » ?

2. Le thé c’est cher, c’est réservé aux privilégiés

Si c’était le cas, je n’en aurai jamais bu une goutte ! (J’aime l’autodérision, pardon ! Petit plaisir personnel). A vos calculatrices, c’est l’heure de faire les comptes !
Regardons ce que nous dépensons, le sourire aux lèvres, à la maison ou au bureau, pour une tasse de café décente. Nespresso et son talent de transformer un produit populaire en produit de luxe par un coût de baguette marketing, nous comble de bonheur en nous faisant dépenser près de 35 centimes d’euro la capsule. Avec une contenance de 5 grammes cela vous revient à 70€ du kilo ! Costaud le petit noir !) Propriétaires de Nespresso, si vous pouvez vous offrir du café à ce prix pour les beaux yeux de Georges, alors vous avez les moyens de vous offrir du thé en vrac de qualité ! (Georges en moins).

Pour un thé de qualité, comptez environ 15€ les 100gr (unité de vente usuelle correspondant à 50 tasses). Pour ce prix, vous avez accès à une large variété de thés de qualité. Reprenons nos calculs, une tasse de thé exige 2 gr de feuilles, soit 30 centime la tasse ! Sans compter que le thé de qualité supporte de multiples infusions, 2 à 3 facile.
Hors de prix ? Et bien revendez vos Nike !

3. Le thé en vrac, c’est long à préparer

Le thé c’est long à préparer ? Pas d’excuse ! 3 minutes d’infusion que ce soit pour un thé en sachet ou un thé en vrac ça reste 3 minutes incompressibles ! Le temps dédié à la préparation devient significatif lorsque vous vous aventurez dans l’approche des différentes cérémonies du thé.
Pour les plus pressés qui ne souhaitent pas rentrer dans des considérations techniques de haut vol, (n’est-ce pas @Ozymandale ?) une solution permet de limiter les corvées de vaisselle : La tisanière !
Quéçako ?

Tisanière à filtre profond permettant aux feuilles de thé de s'ouvrir au cours de l'infusion

Tisanière

Mieux que la boule à thé qui confine les feuilles de thé, le filtre intégré offre aux feuilles un espace conséquent leur permettant de nager dans le bonheur et d’exprimer au mieux tous leurs arômes.
Dégustez vous noterez la différence !
S’en suit un rinçage à l’eau et c’est plié !

4. Les gens pensent que le thé est réservé à la population féminine

Le thé ça plait à qui ? Aux femmes, et en particulier celles bien avancées dans l’âge, accompagné de petits fours !

Mamie boit son thé

Stéréotype !
Pour vous rendre compte de l’absurdité de cette sexualisation du produit, entamons un parallèle avec une autre boisson : Le whisky !
Le whisky ? C’est pour monsieur, le soir, confortablement installé dans le salon après un diner copieux et accompagner d’un barreau de chaise !
Pas convaincus ? …Très bien, dans ce cas voyons maintenant si on remplaçait Monsieur par Madame. Ça donne : Le soir confortablement installée dans le salon après un diner copieux, Madame tise son sky dans la main gauche et crapote son barreau de chaise dans la main droite!
Hic ! Interloqués ? Le tableau est en décalage avec vos références issues de votre éducation ?
Désolée, je ne vois pas pourquoi les femmes ne pourraient pas se mettre une murge au sky et les hommes apprécier le raffinement des Darjeeling accompagnés de petites douceurs.
Le thé n’est pas sexualisé, c’est un produit noble !

 

Comme vous avez pu le constater, le thé comme les Arabes ne sont pas épargnés par les préjugés ! Faites vos propres expériences, faites-vous votre propre idée du thé, ne tenez pas pour acquis celle que l’on vous a inculquée, bref affranchissez-vous de vos préjugés.
Einstein disait : « Il est plus facile de fissurer un atome que de venir à bout d’un préjugé. »

Ne croyez pas que mon objectif est d’imposer mes goûts personnels aux autres. Vous seuls, selon vos goûts, adopterez ou non cette boisson étonnante. Si cet article aura permis de révéler à une poignée d’entre vous que le thé ce n’est pas Lipton, et/ ou à une autre poignée d’expérimenter le véritable thé, alors je serai ravie d’y avoir contribué, objectif atteint !

Nous, Français, si fiers de notre gastronomie internationalement reconnue, soyons ouverts à de nouvelles découvertes gustatives, dépassons les préjugés !
Et rappelez-vous : le plaisir c’est la qualité pas la quantité !

6 réflexions au sujet de « Les préjugés du thé »

  1. Ping : Coup de Gueule Culot-thé | féeduthé.com - le blog

  2. Merci pour cet article qui dépoussière les stéréotypes que je n’arrive pas à chasser avec tout le monde dans mon entourage.
    Je crains que mes beaux-parents, en particulier beau-papa assimile cela définitivement à de l’eau chaude avec de la plante pour malade… sans avoir daigné goûté ceux que je leur ai offert ! Ah si je faisais ça avec les vins alsaciens (je n’aime pas le vin en général, en ayant goûté de bons vins, mon oncle

  3. J’ai découvert votre blog hier soir et ai beaucoup apprécié lire cet article. Je suis complètement novice en thé, ne connaissant que les sachets de supermarché. Mais j’ai très envie de m’initier au « vrai » thé et ai donc commencé à me documenter sur la question. J’aime votre plume et votre verve, c’est agréable à lire et parfois on sourie. Merci !

    • Ça me fait plaisir d’entendre que cette lecture vous à donner le sourire.
      Que vous continuiez ou pas sur la voie du thé, l’essentiel est de se faire plaisir à travers de nouvelles expériences gustatives.

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